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Chien d’assistance à la réussite scolaire
27/09/2026
Chiens d’assistance à la réussite scolaire : quand un handi’chiens change la vie de l’école
En cette rentrée 2026, 33 chiens d’assistance formés par HANDI’CHIENS ont retrouvé le chemin de l’école aux côtés des élèves. Leurs missions sont multiples : apaiser, créer du lien, redonner confiance, favoriser l’inclusion… Mais concrètement, que change la présence d’un chien au sein d’un établissement scolaire ?


Une première rentrée pour Ubak
Pour Ubak, cette rentrée avait une saveur particulière. Remis à sa référente Maryaline Brave à la fin du mois de mai, il a commencé sa mission au collège Valcourt de Toul, en Meurthe-et-Moselle, en juin 2026. Il est le premier chien d’assistance HANDI’CHIENS à rejoindre l’académie Nancy-Metz.
Professeure de musique, Maryaline a d’abord laissé à Ubak le temps de découvrir son nouvel environnement. Depuis la rentrée de septembre, il est présent chaque jour au collège et l’accompagne notamment dans ses cours de musique.
Mais très vite, son rôle dépasse la salle de classe. Un élève qui appréhende sa journée peut ainsi être accompagné par Ubak jusqu’à la porte de son cours. D’autres viennent le retrouver pendant les récréations ou participent à de petits groupes pour apprendre à le guider et à lui donner des commandes.
Lors d’une activité, une élève qui parle habituellement très peu devait donner des ordres à Ubak. Comme elle ne parlait pas suffisamment fort, le chien ne réagissait pas. Elle a alors naturellement forcé sa voix jusqu’à obtenir le résultat demandé. Une autre élève a confié, après une séance : « Je ne pensais pas que j’étais capable de guider un chien. »
Des petites victoires, peut-être. Mais pour ces élèves, elles peuvent représenter beaucoup.

Avant de mieux apprendre, il faut parfois simplement se sentir bien
Au collège Valcourt, Ubak peut accompagner un élève jusqu’à sa salle lorsqu’il ressent une boule au ventre avant d’aller en cours. Une fois, une élève est même venue lui parler seule à seule, avec l’envie de lui confier ses « secrets ». Ce moment lui a ensuite permis de trouver plus facilement le chemin vers la CPE du collège pour parler de ce qu’elle vivait.
« Il joue un peu le rôle de transition », résume Maryaline.
Et parfois, l’effet se mesure simplement à un changement d’habitude. Un élève régulièrement en retard s’est pris d’affection pour Ubak. On lui a proposé de venir quelques minutes avant la sonnerie pour le brosser. Depuis, il n’est plus en retard.
À quelques centaines de kilomètres de là, Sunny connaît déjà bien cette place particulière au sein du lycée Louis Blériot, à Trappes, auprès de sa référente Anne-Sophie Sablan-Mory, Directrice Déléguée aux Formations Professionnelles et Technologiques.
Arrivé dans l’établissement d’abord à titre expérimental, il y travaille officiellement depuis juin 2024. Sa présence s’adapte aux besoins des élèves et de l’équipe pédagogique. Certains viennent le retrouver parce qu’ils se sentent seuls, d’autres ont besoin d’un moment de calme ou simplement d’affection.
Et lorsque des tensions apparaissent, Sunny peut devenir un véritable médiateur. Quelques exercices avec lui suffisent parfois à détourner l’attention des élèves et à ramener le calme.

Un chien qui révèle les capacités de chacun
Au fil des témoignages, une même idée revient : le chien permet parfois aux élèves de faire l’expérience de leurs propres capacités.
Au lycée Louis Blériot, un élève décrit comme difficile à canaliser s’est montré particulièrement attentif et concentré lorsqu’il a eu l’occasion de s’occuper de Sunny, notamment lors d’un soin réalisé sur le chien. Pour sa référente, cette expérience a permis de montrer à l’équipe éducative une autre facette de l’élève.
Avec Sunny, certains jeunes apprennent également progressivement à dépasser leur peur des chiens. Pour les élèves qui se destinent notamment aux métiers de l’aide à la personne, cette familiarisation peut avoir une dimension très concrète : ils seront amenés, dans leur future vie professionnelle, à côtoyer des personnes accompagnées par des animaux ou vivant avec un chien.
À Toul, Ubak offre lui aussi ce type d’expérience. Les élèves volontaires peuvent apprendre à le guider, lui donner des commandes, travailler la marche en laisse ou le rappel. Des activités qui permettent de développer confiance, concentration et responsabilité.
Le chien devient alors un révélateur : il permet à certains jeunes de découvrir qu’ils sont capables de faire des choses qu’ils n’osaient pas imaginer.

Apprendre la bienveillance… en la vivant
La présence d’un chien à l’école permet aussi de donner une dimension très concrète à des notions essentielles comme le respect, l’empathie et le consentement.
Avec Sunny, les élèves apprennent à respecter ses besoins : comprendre quand il souhaite être tranquille, accepter qu’il ne soit pas toujours disponible pour une caresse ou respecter son espace de repos.
Cette relation devient une véritable leçon de respect et de consentement. Elle permet aussi de créer du lien entre les élèves. Dans ce lycée de 500 jeunes, Sunny est devenu un point de rencontre entre des élèves qui, sans lui, ne se seraient probablement jamais parlé.
À l’école élémentaire Les Sources, à Linas, Tuhaa joue lui aussi ce rôle depuis son arrivée en juin 2024. Sa mission est notamment d’apaiser le climat scolaire, de favoriser la prise de parole, de lutter contre l’isolement et le harcèlement et de permettre aux élèves de mettre en pratique la bienveillance, l’empathie, le consentement et le respect de soi et des autres.
Dans cette école de 19 classes et près de 500 élèves, Tuhaa intervient dans deux classes pendant une période de deux semaines avant de changer de groupe. Il participe également à de nombreux moments de la vie de l’établissement, de l’accueil des élèves aux réunions pédagogiques ou aux équipes éducatives.
« Le sourire revient lorsque Tuhaa arrive ! », nous partage Céline Barny, l’une des deux référentes de Tuhaa et professeure des écoles.

Des chiens qui accompagnent aussi les adultes
Car si la mission est pensée pour les élèves, les effets de leur présence dépassent largement les salles de classe.
Au collège Valcourt, Ubak est rapidement devenu la mascotte de l’établissement. Les enseignants ont eux aussi créé leurs petits rituels autour de lui. Certains viennent profiter d’un moment avec lui pendant une pause, les parents s’arrêtent pour le saluer à la sortie et les élèves parlent de lui à la maison.
Au lycée Louis Blériot, le constat est similaire. Sunny est devenu un véritable repère pour les élèves comme pour les adultes et contribue au climat de l’établissement.
Le chien devient ainsi un membre à part entière de la vie de l’établissement, avec ses temps de travail, ses temps de repos et ses propres besoins, que chacun apprend progressivement à respecter.
Trois chiens, trois établissements, une même aventure
Ubak vient tout juste de commencer son histoire au collège Valcourt. Sunny dispose déjà de plusieurs années de recul au lycée Louis Blériot. Et Tuhaa entame sa troisième rentrée à l’école Les Sources.
Trois expériences différentes, trois environnements scolaires… mais un même constat : le chien peut devenir un formidable médiateur au service du bien-être et de la réussite des élèves.
Il peut aider à franchir la porte d’une salle de classe, donner envie de venir au collège ou au lycée, apaiser une tension, oser prendre la parole, créer une rencontre, dépasser une peur ou simplement offrir quelques minutes de répit.
Et parfois, ces petits pas ouvrent la voie à de plus grandes réussites.
Cette année, l’équipe qui accompagne Tuhaa met pour la première fois en place des évaluations auprès des élèves afin de mesurer plus précisément les effets de sa présence. Une nouvelle étape pour mieux comprendre et documenter ce que les équipes constatent déjà au quotidien.
Car à l’école, réussir ne signifie pas seulement apprendre. C’est aussi trouver sa place, prendre confiance, aller vers les autres et croire un peu plus en soi.
C’est là que commence la mission des chiens d’assistance à la réussite scolaire.



